Autoportraits croisés

un atelier d’écriture numérique

proposé par la Médiathèque Diderot et animé par Guénaël Boutouillet. Gratuit, sur inscription Plus d’infos : 02 40 04 05 37 bibliotheque@mairie-reze.fr www.bibliotheque.reze.fr

Dita Kepler, disparitions (du langage)

Anne Savelli – Dita Kepler.

Chacun ouvre la rubrique Dita Kepler. Sur remue.net

http://remue.net/spip.php?rubrique666

« C’est un feuilleton, nous allons le lir&crire dans l’ordre. ».

On commence par le 1 http://remue.net/spip.php?article5980

L’animateur lance le défilement du texte sur tous les postes client, chacun le lit à l’écran et note ce qu’il/elle peut, comme il/elle peut, sur un support pzpier.

On fait ensuite de même avec le 2. Dita Kepler, 2e épisode

Et on procède de même. Pas de possibilité de retour en arrière.

On fait défiler jusqu’à l’épisode 6.

Consigne d’écriture:

“Faites le récit de ce qui a défilé (même partiellement, parfois) sous vos yeux, racontez comme vous pouvez ce que dit ce texte / ce que ça vous dit”

Les textes sont à lire ici.

Liste des épisodes :

Dita Kepler, 13e épisode /

Dita Kepler, 12e épisode

Dita Kepler, 11e épisode

Dita Kepler, 10e épisode

Dita Kepler, 9e épisode

Dita Kepler, 8e épisode

Dita Kepler, 7e épisode

Dita Kepler, 6e épisode

Dita Kepler, 5e épisode

Dita Kepler, 4e épisode

Dita Kepler, 3e épisode

Dita Kepler, 2e épisode

Dita Kepler, 1er épisode

rêve réalité virtuelle – jhg

Au tout départ, je suis spectatrice d’un rêve. d’un rêve ou de l’image d’un rêve. Est-ce mon rêve ou celui d’une autre? Le mien, le sien? Éclipse réelle, virtuelle? Mort du temps…

Se dédoubler, s’extraire, se cacher, se retrouver, puis à nouveau se dédoubler, s’y épuiser puis retourner dans le rêve.

Un mur, en ressortir, craquer, devenir flaque, oiseau, avatar puis se guider à la phrase.  Et si le rêve détruisait tout?

Je me souviens, je marche dans mon passé, me divise, sans cesse et quelque-chose s’effondre à chaque pas.

Je ou elle ? Peur de l’autre la réelle, la réelle est-ce moi ou suis-je la virtuelle? Est-elle dans le mur? Si la virtuelle est réelle, c’est sauvé.

Des mots sans lettres, des mots sans son, des mots sourds. Nul n’y répond.

Le lendemain…. mi-rêve, mi-femme, mi-pierre, terre, fer. Elle me prend la main, renonce, ne renonce pas.

ici pas de mur autre que l’absence du mur, je suis dans les vapes! Augmentez la dose que je me métamorphose.

Demain, glissement, secret, silence, demain, libre enfin!

Rêveries

Crois moi je viens de vivre une expérience de lecture vivante. Le texte lu sur un écran d’ordinateur apparait dès la première ligne un peu flou, légèrement en sous impression, puis il s’affiche davantage. Un peu comme pour symboliser la sortie des brumes d’un rêve. Et puis brusquement tout s’accélère par l’apparition de différentes impressions en caractères gras qui suggèrent justement différentes impressions assez fortes comme la notion de temps, et en sur-gras le verbe s’extrait, suivi de retrouve la voix. Les lignes se dédoublent et le paragraphe se conclut sur tentative réussie, réussie est encadré comme le pourtour d’un tableau. Ensuite le texte sort du mur arrive par la gauche, s’écrit en caractères affichés, dit c’est se retourner dans son lit. A nouveau sensation de rêve. Puis ça bouge encore, le texte remonte d’en bas après l’évocation des mots fissure et pierre. Comme un rêve surgissant  de l’inconscient en abréaction avec le conscient puis il se détruit, comme toutes les pensées éphémères qui nous quittent à jamais. L’épisode suivant le souligne en indiquant qu’elle, mi femme , mi fièvre marche sur son passé mais en sur impression, le décor n’a pas de sens d’ailleurs ne risque t elle de passer par dessus ce passé ou par dessus l’embrasure de la fenêtre mettre fin à sa vie, mais heureusement elle lui parle, elle le prend par la main et s’inquiète de perdre, de vous perdre, vous c’est à dire elle et toi. C’est au final un glissement vers la fiction comme chaque rêve en rappelle le message codé.

Dita Kepler ou la métamorphose du personnage lui-même en quête de disparition

Il était plusieurs fois Dita Kepler, et pourtant une seule, peut-être…

Episode 1

Je ne sais pas ce qui se passe, c’est la première fois que cela m’arrive. j’ai l’image d’un rêve qui s’empare de moi et me transforme. Et pourtant ce rêve c’est le sien, bien qu’il m’apparaisse comme s’il émanait de moi.

Dire ce que je ressens. Vite. Tout.

Dita Kepler attend dans l’arrière-salle que quelque chose advienne. La porte, la vitre, le trottoir se déplacent. Elle s’installe dans l’éclipse, ou du moins le croit. Tout le monde crie, donc rien.

Dita Kepler mourra quand? Après. Elle enregistre, archive, disparaît, oublie. Elle n’a pas la notion du temps. Elle ouvre les portes des chambres closes, quitte la route et le pont.

Désorientée, elle se cache, se fie au fil quand Ariane le brise. Fausse identité? Elle perd le souffle, mais retrouve la voix.

Elle est seule, dédoublée. Comment se déchirer davantage? Tentative d’épuisement réussie.

Episode 2

Elle ne sait pas arriver à demain, s’en échapper, vite. Ce qui meurt là est dans la lutte. Sur le trottoir elle est flaque, oiseau, trace de roue, fissure et pierre.

Elle ne voit de la ville qu’une seule rue.

Elle est dans tes bras. Elle pourrait devenir pur élément liquide.

Se guider à la phrase? Et si elle détruisait tout?

Episode 3

Elle se souvient des visages, des corps, des vêtements des morts et presque encore des voix. Glisser, ralentir, inverser l’évanouissement.

Dita Kepler a peur pour l’autre, la réelle. Réelle quand sa forme change. Réelle/virtuelle, continuer à voler, à passer par-dessus.

Et tu raconterais mon histoire? Tu me traiterais de personnage? Résolument : non.

Episode 5

Le lendemain, ce qui l’encombre l’appelle à nouveau, la légèreté fuit. il faut qu’elle avance en secret, le sait mais ne sait pas pourquoi. Dita Kepler te prend par la main, s’inquiète de vous perdre en route. Continuer à construire ce silence, comme on érige des murs?

Elle tombe, détaille ce qui se délite, s’étonne de la construction.

Se dit : fuir, n’avoir jamais compté, être lancé dans la vitesse?

Episode 6

Elle s’est métamorphosée, son unité s’appelle trois : une qui cherche, une qui se perd, une qui travaille. L’unité c’est fiction.

Demain deviendra glissement, secret, silence, repères inversés.

Demain, dans l’ombre, sinuera.

Espèce de personnage

Grosso modo, Dita Kepler ne sait pas si elle était seule, parfois il y a un gars qui lui répondait ou qui lui criait dessus, mais la plupart du temps, elle était seule. Elle semble, à vrai dire, dans un état très critique et je doute de l’existence de ce type qui peut-être s’appelle Pierre Ménard. Concrètement, elle m’a dit qu’elle était comme dans un rêve avec des portes, un pont, une rue, un oiseau et une flaque. Je me demande vraiment si l’expérience dont elle m’a parlé s’est passé le jour ou la nuit. J’ai cru vaguement comprendre qu’elle était épuisée, mais elle bougeait sans arrêt. Je suis quasiment certain qu’elle était droguée, elle a parlé de sa dose, elle disait des choses très sensées, puis des choses très confuses. Plus précisément, elle m’a parlé de l’absence et de l’existence. Ce que je peux dire très nettement, c’est qu’elle m’a foutu les jetons et que je ne dors plus depuis cet interrogatoire. Par contre, j’ai une imagination délirante qui me joue des tours. Je suis au bureau et je sens une main qui prend la mienne, je me retrouve dans une arrière salle, il y a une éclipse rouge. Je ne sais plus qui je suis en réalité.

Si elle détruisait tout ?

Dita Kepler fait des rêve inouïs où elle se transforme, se métamorphose.

Elle est Une qui se cherche

Une qui se perd

Une qui travaille

Elle ne parvient pas à rejoindre l’unité.

Elle s’extrait,

se taille,

se groupe.

Elle est avatar. Elle a une fausse identité. Elle oscille entre destruction et construction.

Elle est comme une éclipse. Elle s’y installe. Elle est rouge.

Elle marche dans le passé. Elle avance en secret, il le faut. Elle est maintenant craquement de lattes. Elle cherche un endroit où s’arrêter, perdre la notion du temps, attendre que quelque chose advienne. Elle ne sait pas arriver à demain. Elle est seule, personne ne l’entend.

Elle voudrait marcher près de lui, retrouver la voix, vibrer, trouver les mots, dire tout ce qu’elle ressent. Elle a un regard fait pour ça.

Elle perd le souffle.

Si elle détruisait tout ?

Dita / Julie

Dita est personnage / Julie se sent personne

Dita est dans l’arrière-salle / Julie, assise, devant un écran

Dita est rêve / Julie, éveillée, lit

Dita n’a pas la notion du temps / Julie a oublié sa montre

Dita est fissure et pierre / Julie corps et chair

Dita n’est rien / Julie est l’autre, la réelle (peut-être ? Pas si sûr !)

Dita se transforme / Julie essaye de comprendre

Dita tombe / Julie sombre, Julie cherche

Dita est mensonge / Julie trouve – peut-être ! –  sa vérité

Enfin, Julie croit reconnaitre Dita, perçoit ses contours, mais la laisse s’échapper, de l’autre côté. Elle va la retrouver.

Je ne me souviens pas

Je ne me souviens pas

Du grand père Julien.

De la villa « Saturne »,

Je ne me souviens pas !

 

Je ne me souviens pas

De ton éloignement,

Laissant derrière toi,

Quatre jeunes enfants.

De cette déchirure,

Je ne me souviens pas ?

 

Je ne me souviens pas

Quand tu revins vers moi.

Etranger ce visage,

Oubliée cette voix…

A ce qu’il m’en fut dit,

Je ne me souviens pas…

 

Je ne me souviens pas

De cette maladie,

Qui de moi t’éloigna.

Je ne me souviens pas !

Je n’avais que six mois !

 

Mais toi,               Mère !        

Tu t’en souviens encore !

(JHG, d’après une proposition formulée lors de la séance 3, consacrée au travail de Joachim Séné)

La crise (du langage) (autour du travail de Joachim Séné)

La crise. Ecriture sous forme de slogans récupérés.

Le livre de Joachim est publié chez publie.net et publie.papier

Extrait 1

Sur la photo, « La crise c’est chaque fin de mois », le S de « mois » est effacé, ou écrit plus vite, moins fort.

La crise c’est chaque fin de moi. Le S écrit en dernier, et soudain il n’y a plus de temps, le mur orangé par les lampadaires s’éclaire un peu plus : c’est une voiture qui approche, peut-être la police. Pas le temps de repasser plusieurs fois sur la lettre. À peine celui de vite la tracer.

Écrire dans l’urgence.

Fin de moi.

Chaque fin de mois je meurs un peu. “La crise” tue à petit feu. “La crise” m’efface lettre à lettre. “La crise” vide les markers, nettoie les murs, efface les mémoires, tarit les imaginations, essore les moi.

Extrait 2

« “La crise” a une offre limitée.

“La crise” est soumise à conditions.

“La crise” a des clauses.

“La crise” est un forfait illimité.

“La crise” pratique la discrimination positive dans des charters.

“La crise” pratique la démocratie participative hors de toute instance représentative.

“La crise” fait la révolution dans des grèves bien isolées les unes des autres.

“La crise” vante les bienfaits de la colonisation et les prêts usuriers du FMI.

Les frappes chirurgicales à coup de bombes de neuf cents kilos de “la crise” et leurs dommages collatéraux sur les cibles en réalité recherchées (le dictionnaire donne comme synonyme de « collatéral » : « parent, allié, proche »)

“La crise”, comme le nucléaire fait bombe, la psychanalyse faite manipulation, le couteau fait arme, est une poésie venimeuse.

“La crise”, “la crise”, “la crise”, c’est tout ce qu’on entend.

Une preuve d’existence de “la crise” c’est “la crise”.

«

  1. 1.      Chercher ses mots

« Chacun ouvre une recherche sur le web, via les pages actualités de google, sur « la crise ». »  Voler dans le texte de l’article cible des expressions du même acabit, du même effet. Du tout-venant journalistique.

Exemple dans le premier article trouvé le vendredi 11 octobre http://www.lepoint.fr/economie/etats-unis-un-repit-dans-la-crise-budgetaire-11-10-2013-1742530_28.php

« un relèvement temporaire de la limite de la dette »

“aucune décision définitive n’a été prise”, selon le porte-parole du président de la Chambre »

‘”après une discussion sur les possibles façons d’aller de l’avant, aucun choix spécifique n’a été effectué”.

« l’ouverture de négociations »

« très favorablement accueillie par les marchés »

« le ras-le-bol fiscal des patrons «

« Les fragiles fondations de la reprise française »

« Ecrire un moment d’intime en utilisant ces mots et n’en y ajoutant que des liants, adverbes, conjonctions de coordinations, etc. »

Les textes sont à lire ici.

  1. 2.      Ecrire des crises.

Entreprise de récupération : essai avec « la crise », texte collectif : chacun propose des commentaires à la consigne, une phrase commençant par la crise. Les textes sont attendus au dessous de cet article.

Chacun pour moi !

Compte tenu de cet échec cinglant, le grand désarroi reste entier, il est loin d’être anecdotique même si un projet d’envergure a été lancé sur le Web le 19 septembre pour sonder la génération des 18-34 ans. La plus grande enquête jamais lancée sur les jeunes en France!!! Pour les jeunes, créer son entreprise comme remède à la crise ! De quoi permettre à une génération de trouver sa place !

Chacun pour moi! Classé X! Pôle emploi !

Et le Cac40 progresse…

Chacun pour moi ! De quoi permettre à une génération de trouver sa place…

Quand le mobile révolutionne la génération des 18-34 ans…

Donner une place, un rôle…

Placer le spectateur-internaute au cœur de l’histoire !

“Classés X” témoignez! Répondez au questionnaire !

Créer son entreprise comme remède à la crise !

L’allongement progressif de la durée de cotisation !

Ainsi, plusieurs milliers de personnes ont défilé, le cortège réclamait: la retraite à 60 ans, l’augmentation des salaires et la création d’emploi.

Et aussi la question de la pause fiscale qui n’en ai pas une?!!! Pour des raisons budgétaires…

PAS A LA HAUTEUR D’UN GOUVERNEMENT DE GAUCHE !!!

Ceci, à quelques mois des municipales…

Pendant ce temps le Cac 40 progresse…

Chacun pour moi, chacun pour moi, chacun pour moi…

Un autoportrait générationnel ???